Les vitraux
Vitrail d’Ernest Biéler, Temple St-Etienne de Moudon (passage de Sigismond, 1417). Photo Comitéhistoiresuisse, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Les verrières actuelles ne sont pas médiévales. Elles ont été conçues avant la grande restauration du XXe siècle, pour ranimer un intérieur rendu gris et monotone par le badigeon de 1838. On les lit donc à deux niveaux : comme œuvres du XXe, et comme réponse à un temple trop uniforme.
Ernest Biéler, 1935-1937
Deux verrières d’Ernest Biéler (1863-1948) occupent la paroi occidentale du Temple St-Etienne. L’une sert de mémorial au quatrième centenaire de la Réformation en Pays de Vaud. L’autre évoque le passage de l’empereur Sigismond à Moudon en 1417.
Sur la seconde, on reconnaît notamment l’allégeance liée à la famille Cerjat, un cerf, et le verset du psaume (« Comme un cerf qui brame… »). Biéler, peintre du Valais et de la Suisse romande, travaille ici en historien autant qu’en peintre-verrier : il donne une scène locale à une fenêtre de temple réformé.
Temple St-Etienne de Moudon, façade orientale et grandes fenêtres du chevet, 1899 (avant les verrières de Clément). Photo Max van Berchem, Bibliothèque nationale suisse / Wikimedia Commons, domaine public
Charles Clément
Les autres vitraux sont de Charles Clément (1889-1972). Dans la grande fenêtre axiale du chœur (1952) : naissance, mort et résurrection du Christ, et vie de l’Église. Dans la nef : le martyre de saint Étienne, le Christ enseignant, et plusieurs figures de l’Ancienne Alliance.
Clément, lui aussi peintre-verrier bien ancré en Suisse romande, compose un programme biblique lisible de loin, fait pour un vaisseau haut et pour une lumière filtrée.
Temple St-Etienne de Moudon, verrières du chevet (Charles Clément, dont la grande fenêtre axiale de 1952). Photo Sinenomine2, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Temple St-Etienne de Moudon, chœur et vitraux de Charles Clément, vus depuis la tribune. Photo Rama, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 fr
La rose, plus ancienne
La rose de la façade ouest reste le principal élément d’éclairage historique du vaisseau central. Son réseau remonte à la fin du XIVe siècle ou au début du XVe. Aujourd’hui, l’orgue la masque en partie. Avant 1764, c’était elle qui donnait le jour le plus franc à la nef.
Temple St-Etienne de Moudon, rose de la façade ouest. Archives cantonales vaudoises (AMH-C-0173), Wikimedia Commons, domaine public
Sources et références
- Gaëtan Cassina et Monique Fontannaz, L’église Saint-Etienne de Moudon, Guides de monuments suisses SHAS, Berne, 1998 (ISBN 3-85782-644-4), section « Vitraux »
- "Vitrail de l'Eglise St-Etienne à Moudon" - Wikimedia Commons
- "KGS-Nr 6301 quater" - Wikimedia Commons (intérieur, vitraux du chevet)
- "Moudon church organ-IMG 7527" - Wikimedia Commons (chœur et vitraux)
- "CH-ACV AMH-C-0173" - Wikimedia Commons (façade ouest et rose)
- "Ernest Biéler" - Wikipédia
- Notes locales Bureau (St-Etienne), dossier APSE