Les cloches
Temple St-Etienne de Moudon, beffroi (bourdon à gauche, cloche de 1441 à droite). Photo Quasimodo, sonneur de cloches
Le beffroi de Saint-Étienne abrite cinq cloches, fondues entre le XVe et le XIXe siècle. Ce n’est pas un carillon de concert au sens moderne, mais un ensemble campanaire destiné à marquer les heures, les offices, les fêtes et les événements de la ville.
Temple St-Etienne de Moudon, clocher. Photo Quasimodo, sonneur de cloches
Une commande au XVe siècle
Le clocher fortifié de Saint-Étienne est mis en chantier au début du XVe siècle, puis adapté pour recevoir des cloches. En 1441, Jean Perrodet et Pierre Quarta, de Genève, fondent pour Moudon une grande cloche encore en service aujourd’hui. Cette pièce médiévale, la plus ancienne de la sonnerie actuelle, a traversé les siècles sans quitter le beffroi.
Temple St-Etienne de Moudon, clocher et étage des cloches (abats-son). Photo Sinenomine2, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Quatre autres voix
Les autres cloches suivent les siècles et les ateliers : Jean Richenet, de Vevey, en 1654 ; Jean Maritz, de Berthoud, en 1731 ; Simon Gillot et Gaspard Deonna en 1763 ; François Humbert, de Morteau, en 1838, pour le bourdon.
On lit dans ces noms une géographie du métier : Genève, Vevey, Berthoud, Breuvannes, Morteau. Les fondeurs circulent, travaillent pour plusieurs villes et laissent à Moudon une sonnerie composée au fil du temps.
Temple St-Etienne de Moudon, beffroi (cloches 3 au fond, 4 au premier plan, 5 en haut). Photo Quasimodo, sonneur de cloches
| Année | Poids / diamètre | Fondeurs |
| 1441 | env. 2100 kg (Ø 146 cm) | Jean Perrodet et Pierre Quarta, Genève |
| 1654 | env. 1600 kg (Ø 131 cm) | Jean Richenet, Vevey |
| 1731 | env. 530 kg (Ø 94 cm) | Jean Maritz, Berthoud |
| 1763 | env. 850 kg (Ø 112 cm) | Simon Gillot et Gaspard Deonna |
| 1838 | env. 4500 kg (Ø 196 cm) | François Humbert, Morteau |
Une cloche venue d’ailleurs
La cloche de 1654 mérite une mention particulière. Elle aurait d’abord été destinée à l’ancienne église Notre-Dame de Moudon, située dans la partie haute de la ville et démolie au début du XVIIIe siècle. Elle a ensuite rejoint Saint-Étienne, ce qui explique qu’une cloche prévue pour un autre édifice se trouve aujourd’hui dans le beffroi du temple.
En 1838, François Humbert coule le bourdon de Saint-Étienne. D’après les sources consultées, une seconde cloche a bien été envisagée à la même époque, mais la version retenue pour l’ensemble actuel est celle du bourdon, tandis que la cloche de 1654 a été réintégrée dans la sonnerie.
Temple St-Etienne de Moudon, clocher vu depuis la Broye. Photo Roland Zumbühl (Picswiss), Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
1893, les cloches changent de voix
En 1893, les cloches sont remises en état et réaccordées. L’objectif est d’obtenir une sonnerie plus cohérente, sans remplacer tout l’ensemble. Les travaux modifient le profil sonore des cloches et préparent la mise en valeur de la ritournelle qui deviendra emblématique de Moudon.
Cette ritournelle, tirée de Carmen de Georges Bizet, ne peut pas avoir retenti avant l’accordage des cloches et l’amélioration du mécanisme horloger. Depuis le début du XXe siècle, elle rythme les quarts d’heure et fait partie du paysage sonore de la ville.